Seraincourt, sous le signe de l’eau et des chevaux

« Seraincourt » est issu du nom germanique Saring et du terme latin cortem qui, ensemble, désignent « le domaine de Saring ». Au XIIe siècle, ils donnent naissance à « Sarriencort », qui connaitra par la suite de nombreux dérivés : Serraricourt, Serricourt, Serincurt, Serraincourt ou encore Seraincourt-le-Haze.

Seraincourt est un village de 1290 habitants, répartis entre le bourg principal, le hameau de Rueil et le hameau de Gaillonnet.

S’étirant tout en longueur, il se niche au fond d’une vallée, cernée de prairies – véritable royaume des chevaux – et de coteaux boisés montant vers un vaste plateau céréalier.

Mais la commune se caractérise surtout par l’omniprésence de l’eau. Elle est en effet parcourue par trois cours d’eau – le ru de l’Eau Brillante, le ru de Bernon et la Montcient – qui ruissellent et cascadent à travers tout le village.

On ne s’étonnera pas ainsi que Seraincourt ait compté autrefois jusqu’à dix-sept lavoirs – certains de simples pierres plates installées au fil de l’eau – et sept moulins.

Au cœur du bourg principal, le Vieux Moulin, que l’on retrouve sur le cadastre dès 1782, serait le plus ancien. Installé sur le cours du ru de l’Eau Brillante, il aurait servi soit à tanner le cuir, soit à fouler le linge grâce à un système de maillets actionnés par la chute de l’eau sur la roue, avant de devenir un moulin à blé.

Au hameau de Rueil, on trouve un lavoir de 1874 ceint par trois murs de pierres et doté d’un toit à quatre pentes inclinées vers le centre du bassin permettant de recueillir les eaux de pluie, dit toit à impluvium.

Juste à côté, une mare qui servit jadis de pédiluve pour le bétail et les chevaux. Cette mare naturelle avait à cet effet été empierrée. Aujourd’hui elle a retrouvé un aspect un peu plus sauvage et constitue une jolie halte pour randonneurs ou cyclistes.

Entre le bourg et Rueil, on peut encore s’imaginer les anciennes tourbières et marécages qui, jusqu’à la fin du premier millénaire, s’étendaient ici depuis la Seine.

Malgré cela, la présence de populations anciennes a été révélée par des fouilles menées dans le village à la fin du XIXe siècle. Une sépulture du Néolithique, un cimetière franc ou encore plus de deux cent squelettes enfouis dans une nécropole gallo-romaine ont été mis à jour. En 2016, c’est un menhir haut de plus de trois mètres qui a été découvert dans le hameau de Gaillonnet.

Cette zone, grâce à la présence de l’eau en abondance, a par ailleurs été utilisée pour la culture du cresson jusqu’en 1995. Les cressonnières ont depuis fait place à des étangs de pêche.


Patrimoine religieux

L’église Saint-Sulpice de Seraincourt, classée monument historique en 1930, fut édifiée à partir du XIe siècle. Mêlant arts roman et gothique, elle est considérée comme l’une des plus anciennes du Vexin. Le chœur et la base du clocher furent les premiers éléments à être construits, suivis par un clocher coiffé d’un toit en bâtière (c’est à dire à deux pentes) à colonnettes. L’église serait l’une des premières du Vexin à présenter ce type de clocher. La chapelle sud, de style gothique n’apparaitra pour sa part qu’au XIVe siècle. L’actuelle nef date quant à elle du XIXe siècle. Elle fut reconstruite sur une nef plus ancienne datée du XIIIe siècle, en réemployant pour partie ses propres matériaux.

Dès 1170 à 1791, l’église est placée sous l’égide des chanoines de Prémontré, eux-mêmes dépendant de l’abbaye de Saint-Josse de Dommartin (Pas-de-Calais), autrement nommée Saint-Josse-aux-Bois. Il en va de même pour le prieuré Saint-Pierre situé sur le hameau de Gaillonnet, bien que ce dernier fasse alors partie d’une seigneurie indépendante du reste du village.

A l’issue de la Révolution, l’ordre est dissout. Gaillonnet est rattaché à la commune de Seraincourt et le prieuré vendu comme bien national. De ce dernier, il ne subsiste rien aujourd’hui. Avant sa disparition, il fut néanmoins le dernier refuge du général Louis Friant (1758-1829), grande figure des guerres napoléoniennes, sévèrement blessé à Waterloo et dont la tombe se trouve dans le cimetière du village.

Par la suite, il fut propriété du grand homme de lettres Maurice Donnay (1859-1945). Devenu ingénieur pour satisfaire aux vœux de son père, il ne put finalement se résoudre à aller contre sa véritable passion et se mit à écrire chansons et poèmes pour le cabaret parisien du Chat Noir.  Plus tard, il écrira des pièces et comédies de boulevard à succès qui seront jouées à la Comédie Française par les plus grandes comédiennes de l’époque comme Cécile Sorel ou Réjane. En 1907, Maurice Donnay accéda à l’Académie Française où lui fut attribué le fauteuil n°25. A sa mort en 1945, ce même fauteuil revint à Marcel Pagnol qui lui consacra un prodigieux éloge lors de son discours d’intronisation ; discours de près de 100 000 mots qu’il achèvera ainsi :

« Ainsi nous terminerons cette trop brève étude d’une œuvre aussi considérable en affirmant qu’il fut le prince des chansonniers, parce qu’il fut le plus Parisien des Français ; mais qu’il fut en même temps le plus français des Parisiens, et qu’il restera, dans l’histoire des lettres, comme le père et la source de presque tout le théâtre contemporain. »

En 1965 enfin, le domaine de l’ancien prieuré se vit transformé en terrain de golf.


Le château de Rueil-Seraincourt

Le Domaine de Seraincourt, situé au hameau de Rueil, est constitué d’un château classique et d’un parc arboré comprenant pièce d’eau et fontaines.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, il appartient à Jean de Valliquierville. Celui-ci offrira un temps refuge, sur ses terres de Seraincourt, aux amours clandestines de Ninon de Lenclos (1620-1705), célèbre courtisane de la cour de Louis XIV, réputée pour ses salons littéraires parisiens, et de son amant Louis de Mornay, marquis de Villarceaux (1619-1691).

Le château que l’on connait aujourd’hui est un logis en pierre de taille et en briques surmonté d’une toiture de style « mansart » qui fut édifié au XVIIIe siècle pour les Choppin, seigneurs de Seraincourt. Le domaine restera au sein de cette famille pendant près de 200 ans.

Les armoiries des Choppin, figurant un chevron d’or sur fond d’azur, surmonté d’une anémone et ceint de trois palmes d’argent, furent cédées à la ville en 1976. Celles-ci avaient été attribuées à Claude Choppin, secrétaire du Roi, en 1697.

En limite du domaine se trouve la Chapelle Saint-Jean. Autrefois édifiée dans une ruelle voisine, elle fut détruite en 1888 puis reconstruite ici à l’identique. Elle est restée accessible aux villageois qui ont pu assister aux offices jusqu’en 1960.

En 1927 l’actrice polonaise Pola Negri (1897-1987), vedette hollywoodienne du cinéma muet, se maria au château de Seraincourt avec Serge Mdivani, un prince géorgien. Charlie Chaplin aurait compté parmi les invités de la noce. Pola Negri habita le château durant quelques années, avant d’être contrainte de le vendre, ruinée par le krach boursier de 1929. Elle émigra vers les Etats-Unis au début des années 40.

Le domaine est aujourd’hui privé du secteur de l’événementiel. Il accueille dans mariages dans ses dépendances.


Autres éléments de patrimoine et personnalités

La mairie de Seraincourt est un bâtiment dont l’architecture singulière contraste quelque peu avec le patrimoine bâti classique du Vexin Français. Il s’agit en fait du Pavillon de la Bretagne qui trônait au pied de la Tour Eiffel lors de l’Exposition Universelle de Paris de 1937. Il a été démonté puis reconstruit ici à l’initiative du maire de l’époque, Mr Henri Blum, par ailleurs propriétaire du château de Rueil à la suite de Pola Negri.

Source enenvor.fr

Le médecin et philosophe Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808) est décédé à Rueil où il était venu en convalescence suite à une première attaque l’année précédente. De son vivant, il fréquenta en tant que membre permanent du cercle d’Auteuil, salon de Madame Helvétius, des hommes tels que Diderot, Mirabeau, Condorcet – dont il épousera la belle-sœur, Charlotte Félicité de Grouchy – ou encore Benjamin Franklin. Il rédigea de nombreux mémoires dans lequel il prône notamment une approche globale du corps et de l’esprit dans l’enseignement et la pratique de la médecine. A sa mort, il fut inhumé au Panthéon sur requête de Napoléon Bonaparte.

Le prince Ioussoupov (1887-1967) et sa femme Irina Alexandrovna Romanova, nièce du tsar Nicolas II, auraient séjourné à Seraincourt dans les années 50. Le prince Ioussoupov est plus particulièrement connu pour avoir participé à l’orchestration de l’assassinat de Raspoutine en 1916. En 1919, le couple embarque sur le HMS Marlborough pour fuir la révolution russe. Après un bref passage par l’Angleterre, ils s’installeront définitivement à Paris où ils créeront en 1924 la maison de couture Irfé (pour Irina et Félix), toujours en activité. Des circonstances de leur passage à Seraincourt, très peu de traces si ce n’est quelques mentions et photographies anciennes (P.50) …

En 1969, les époux Jeanne et Robert Reyl, anciens Résistants du réseau Manipule, décorés de la Légion d’Honneur pour leurs actes patriotiques, se sont installés au Blanc Moulin, ainsi nommé à cause de la farine de blé qui y a été produite jusqu’au milieu du XXe siècle.


De passage à Seraincourt

Vous trouverez à Seraincourt quelques commerces tels qu’une boulangerie, une boucherie, une supérette et un bar-tabac.

S’aérer sur le green, se restaurer

Rendez-vous au Golf de Seraincourt et à son restaurant Le Friant.

Se marier à Seraincourt

Le Domaine de Seraincourt vous propose ses salles de réception pouvant accueillir jusqu’à 150 personnes assises et son gîte permettant d’héberger jusqu’à 24 convives.

Séjourner à Seraincourt

  • Le Relais de Dalibray : 4 chambres d’hôtes à partir de 95€ par nuit, 1 gîte pour 6 personnes
  • La Grange de Seraincourt : gite pour 7 personnes à partir de 110€ la nuit (2 nuits minimum, hors frais)
  • La Petite Hutte : gite pour 6 personnes à partir de 130€ la nuit (hors frais)

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